L’Emphysème chez le cheval


Non classé / vendredi, mai 17th, 2019

Il s’agit d’une pathologie respiratoire caractérisée par une inflammation chronique qui induit une bronchoconstriction par un trouble sécrétoire provoquant des obstructions. C’est une pathologie irréversible mais il est possible de contrôler voire même de stopper l’évolution. On peut la comparer à l’asthme chez l’homme.

On distingue 2 périodes dans l’évolution de la maladie : les crises et les rémissions.

L’origine est multifactorielle ; généralement sont  atteints des chevaux de 8 ans et plus.

La réponse inflammatoire fait suite à une exposition répétée à de la poussière organique, à une bronchite chronique mal soignée ou encore à l’exposition à un allergène (pollen, piqure d’insecte …).

Une inflammation répétée engendre une irritation des alvéoles entrainant une destruction  des cloisons alvéolaires et donc une diminution de l’élasticité du tissu.

Cela implique un effort musculaire supplémentaire pour compenser la diminution du diamètre des bronches  pour l’équilibre des échanges gazeux ; l’amplitude respiratoire dévient alors moins ample et la fréquence respiratoire est augmentée.

L’environnement joue un rôle clef : une exposition prolongée aux poussières, spores de moisissures, aux vapeurs d’ammoniac ( ex :paille + urine) et à d’autres particules (pollution).  Tous cela est accentué si l’écurie manque d’aération, si les chevaux sont dans le box lors du balayage ou lors du re-paillage ou si  la paille est de mauvaise qualité.

L’alimentation peut être une facteur aggravant, si le foin ou la paille ont une haute teneur en humidité ce qui favorise le développement de moisissures. Petite solution qui est de poser ces composants au sol pour faire jouer la gravité.

La saison joue un rôle très important dans le  déclenchement des crises : L’hiver parce que le cheval passe plus de temps dans les écuries et que l’air froid est une source d’irritation ; l’été de par les substances volatiles (pollens …) et l’air sec.

L’origine génétique de cette maladie est à  l’étude ; il existe des variations génétiques et génomiques qui prédisposerait ou non à cette pathologie .

La pathogénie n’est pas parfaitement définie car  plusieurs troubles physiologiques entretiennent  la pathologie et son évolution provoquant une boucle sans fin.

L’hyper-sensibilité entraine une hyperactivité entrainant une inflammation, une production de mucus, des bronchospasmes, une réponse immunitaire via des médiateur chimiques comme une production excessive de cytokines qui stimule les neutrophiles (phagocytose, production d’enzymes et de médiateurs, élimination des allergènes).

Avec le temps les muscles respiratoires  s’atrophient par une diminution des fibres musculaires ayant pour conséquenceune  diminution  de l’air inspiré. Or, les muscles et l’organisme ne peuvent fonctionner correctement qu’avec un apport suffisant en oxygène …ce qui ici est compromis.

Les signes cliniques sont variables en fonction du stade de la pathologie ainsi que de la période mais en général on retrouve une intolérance à l’effort, un essoufflement, une toux sèche, une longue période de récupération. Et au repos on retrouve une toux, des difficultés respiratoires, un possible jetage nasal. Une accentuation est possible après la distribution du fourrage et il se peut que le cheval diminue le nombre de ses sorties.

Au cours de l’évolution de la maladie,  la toux est plus fréquente, les naseaux se dilatent et il est  possible qu’une tachypnée s’associe à un tachycardie (cœur et poumon sont en étroite collaboration) ; apparait alors une  ligne de pousse, signe d’une inspiration plus difficile avec mouvements respiratoires  exagérés etprésence de crépitements à l’auscultation : l’expiration en 2 temps et plus marquée qui à la longue forme une ligne de pousse, ce que l’on nomme « expiration forcée » avec un sifflement entendu à l’auscultation et parfois à l’oreille. On peut noter également un amaigrissement entrainant à long terme une possible cachexie. En phase de crise on observe une attitude en dos vouté, un port de tête bas avec une extension d’encolure.

Le diagnostic s’appuie sur une anamnèse, des observations (hébergement, activité physique alimentation), écoute pulmonaire au repos ou après exercice, test d’hyperventilation, résultat d’examen complémentaire effectuer par un vétérinaire. Les examens complémentaire possible sont endoscopie, prélèvement cytologique, mesure de gaz sanguins artériel, test de la fonction pulmonaire, test immunologique, radiographie. Attention un diagnostic ne peut être confirmé à 100% par un vétérinaire.

Le premier traitement est la gestion de l’environnement : condition de vie, alimentation, activité physique adaptée, limitation au maximum de l’exposition aux poussières. 

Les traitements médicamenteux sont  sur prescription vétérinaire exclusive : anti-inflammatoires, bronchodilatateurs, expectorants. D’autre recours peuvent être mis en oeuvre en demandant conseil a votre vétérinaire : l’aromathérapie (huiles essentielles : thym, eucalyptus, romarin, pin, lavande, cannelle ; par diffusion, voie orale, friction poitrail ou nasal), la phytothérapie (on utilise l’intégralité de la plante, en sirops ou compléments alimentaires ; les plantes utilisées sont le cyprès, l’echinacé, l’ail, le fenugrec et différents sirop comme ARBALOU CHRONIC TOUX, ARBALOU PHYTO RESPIR, PULMO’PHYT, EQUI-TOUX). Vous pouvez rajouter du miel qui est un antiseptique naturel et effectuer un drainage hépatique à base de radis noir ou d’aubier de tilleul.

L’hométopathie peut être utilisée (ACONIT15, BRYONIA 9, ARSENICUM ALBUM 9, TUBERCULINUM 151, IPECA 5) ainsi qu’une une oligothérapie dans le but de rééquilibrer l’organisme.

Point de vue Ostéopathique :

STILL compare les poumons à un nuage, en effet de par leur physiologie on peut dire que les poumons sont les nuages du corps qui apportent de l’eau en combinant hydrogène et oxygène présent dans l’air.  STILL dit que les nuages « sont les poumons du ciel » (STILL).  Lors de l’inspiration les poumons doivent pouvoir changer de forme, de ce fait la cage thoracique va s’élargir le diaphragme va descendre et donc l’abdomen va donner l’impression de se remplir. Tout cela pour donner, par transfert,  au poumon la possibilité de changer de forme et prendre deux-cent-cinquante centimètres cubes en plus. Cela permet également de maintenir le mouvement du sang car il ne faut pas oublier que le mouvement c’est la vie.

Les poumons se gonflent, se rétractent et retiennent l’air pendant une courte période. Ils fonctionnent de façon involontaire et ils sont régis par le système nerveux autonome.

Lorsque les poumons sont atteints par une blessure ou une perturbation de l’harmonie naturelle,  on peut constater des constrictions de fibres, muscles et tissus pouvant suspendre l’assimilation atmosphérique ;  cela survient après une longue période sans modification de l’état.

La philosophie de cause et de l’effet  est  parfaitement expliquée par le lien mécanique  qui intervient entre le diaphragme et les poumons. En effet le diaphragme doit être positionné là où il est et il est donc considéré comme un grand muscle séparateur et les différentes  parties sont reliées de façon directe ou indirecte.

 «  le diaphragme dit : «  par-moi vous vivrez, et par-moi vous mourez ; je détiens entre mes mains le pouvoir de vie et de mort, familiarise-toi dès maintenant avec moi et va à l’aise. » »  (STILL)

Quant au lymphatique, Still disait : «  Nous devons toujours nous rappeler les exigences de la nature  concernant les lymphatiques, le foie, les reins. Ils doivent fonctionner en permanence, sinon en résultera une confusion consécutive au manquement à leurs devoirs qui marquera l’atrophie de quelque fonction de la vie à laquelle ils président »

L’ostéopathe va donc lever tous les blocages afin d’harmoniser et d’aider le corps à retrouver son homéostasie. De par des liens mécaniques, fluidiques et neurologiques l’ostéopathe devra et pourra travailler sur les poumons et en fonction des dysfonctions préalablement trouvées sur le foie, les reins, la rate, le diaphragme, les scalènes, les voies aériennes supérieur, l’os sphénoïde, l’os occipital, l’ethmoïde ou hyoïde.

Le suivi ostéopathique doit néanmoins être rigoureux et sérieux suite à un protocole mis en place qui se base d’au minimum 3 séances par an. Et le travail doit être en lien avec le propriétaire et le vétérinaire pour un gestion optimum des soins et du confort des chevaux atteints d’emphysème.  

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